Il y a des jours qui changent tout, des journées où tu te lèves, l’esprit tranquille, pensant que la vie suivra son petit cours. Et puis, paf. Tout bascule. Un simple appel, un mot et ta réalité se pulvérise. Ce jour-là, il a suffi de « cancer » pour transformer ma vie de cheffe de projet bien huilée en un foutoir émotionnel et physique. Un diagnostic de cancer du sein, agressif, à 39 ans. Et là, je me suis retrouvée face à un miroir que je n’étais absolument pas prête à affronter. Parce que même si j’avais vu la maladie détruire mon père, même si je pensais savoir, je n’étais pas prête à vivre le crabe dans ma propre chair. Et si vous êtes ici, je suppose que vous savez de quoi je parle. Laissez-moi vous emmener dans cette merde que j’appelle « mon histoire ».
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ToggleLe choc de l’annonce
Le truc avec le cancer, c’est que tu crois savoir ce que c’est… mais tu te rends vite compte que tu n’as absolument aucune idée. Quand j’ai entendu ce foutu mot « cancer », j’ai cru que le sol se dérobait sous mes pieds. Mais ce n’était pas la panique intellectuelle, non. C’était l’animalité pure, le genre de choc qui te fait juste rester là, comme un con, à ne plus savoir que foutre de tes bras, de tes jambes, de ta tête. Comment tu réagis face à ça ? En fait, tu es paralysée. Tu n’as pas le temps de pleurer, de hurler. Non, tu encaisses. Et c’est là que tu réalises que tout ce que tu pensais savoir sur cette saloperie de crabe, c’étaient des conneries.
Les émotions qui te dévorent
Quand tu es face à ce genre de réalité, tu te rends compte que tout le contrôle que tu croyais avoir sur ta vie, tu as juste envie de le foutre par la fenêtre. Tu es en colère. Pas juste un peu, non, mais une colère viscérale, qui te ronge de l’intérieur. Tu veux hurler que ce n’est pas juste, que tu n’as pas demandé ça. Et puis il y a la rage. Une rage qui t’envahit et qui te fait détester tout ce qui bouge, y compris toi-même. Oui, tu te détestes, tu te sens faible. Et merde, c’est cette saloperie de cancer qui t’enlève la dignité. Tu n’as pas vu ça venir, mais t’es là. Et c’est dur.
Ce que j’aurais voulu savoir
Il y a des trucs que j’aurais aimé savoir avant. Des petites astuces pour survivre au quotidien, quand le monde extérieur continue de tourner et que toi, tu es là, à gérer un traitement de merde et un corps qui te trahit. Quand tu as ce « chemo brain » (ce n’est pas une légende, c’est comme si tu marchais dans un brouillard épais), que tu ne retrouves plus tes clés, que tu oublies des mots en pleine conversation, tu comprends vite qu’il va falloir t’adapter. Et puis il y a les nausées. Ces nausées qui ne s’arrêtent jamais. Le goût de métal dans la bouche qui te dégoûte. Ou comment on te fait tester tous les nouveaux goûts possibles dans les pires moments, juste pour voir si ton estomac va le supporter. Spoiler : il ne le supporte jamais.
Ce qui m’a aidée à tenir le coup
Alors oui, même si je râle, même si je gueule contre ce crabe, il y a des trucs qui m’ont aidée. D’abord, ne pas me laisser envahir par cette foutue pensée que je dois tout gérer toute seule. Non, ça ne marche pas. Alors, j’ai vu un psy. Ce n’est pas pour pleurer sur mon sort, mais juste pour ne pas me laisser engloutir. Parce qu’une guerre chimique dans le corps, ça te détruira si tu n’as pas de stratégie dans ta tête.
J’aurais voulu que tout ça ne soit jamais arrivé. J’aurais voulu ne pas connaître la souffrance, l’incertitude, les merdes administratives à gérer, et tout le reste. Mais voilà, ce cancer est là. Et même si je ne sais pas encore où je vais, je sais une chose : je ne suis pas seule dans cette merde. Vous aussi, vous traversez tout ça, chaque jour, avec une résilience que vous n’auriez jamais cru avoir. Mais bordel, on tient le coup, même quand on n’en peut plus. Et ça, c’est déjà un putain de combat.
Tableau récapitulatif
| Survivre au quotidien | Ce qui aide vraiment |
|---|---|
| Nausées incessantes | Boire lentement, manger des petites quantités régulièrement |
| Fatigue extrême | Demander de l’aide, s’écouter, ne pas vouloir tout faire soi-même |
| Chemo brain | Prendre des notes, ne pas se juger trop sévèrement |
